Mon chat est « malpropre ». Qu’est-ce que cela veut dire?

Chaton assis. Apprentissage propreté

La « malpropreté » est une problématique que l’on rencontre très régulièrement lors de nos interventions. Cela fait partie des problématiques les plus courantes, du moins pour lesquelles nous sommes le plus souvent appelés.

Mais que signifie le terme « malpropre » ?

Ce terme est utilisé pour décrire un comportement d’élimination de selles et d’urine en dehors du bac à litière. Dans des conditions de captivité et lorsque les chatons sont élevés par leur mère, ils apprennent très jeunes à éliminer dans un bac à litière en observant leur mère. C’est là où certains vont parler « d’acquisition de la propreté » entre l’âge de 3 et 5 semaines. Cette notion d’apprentissage est très importante! Ça n’est ni « normal » ni « naturel » pour un chat de faire ses besoins dans une litière. On pourrait décrire la mise en place du comportement d’élimination comme ceci: lorsque le contrôle neurologique des sphincters est acquis, le chaton est capable d’éliminer volontairement. Il va chercher à éliminer à distance de sa zone de repos et de sa zone d’alimentation. Il va progressivement faire l’apprentissage d’éliminer dans un lieu spécifique en regroupant ses déjections.

Il est également très important de comprendre que l’élimination de selles et d’urine est un besoin physiologique mais aussi un comportement de communication. De nombreuses molécules chimiques présentes dans les déjections permettent au chat de déposer des messages dans son environnement. A l’état libre, pour une communication efficace, le chat va effectuer des dépôts à différents endroits de son milieu de vie. A l’état captif, il va éliminer dans le ou les bacs qui lui sont dédiés.

Parfois, le chat élimine en dehors de son bac à litière, et peut être considéré comme « malpropre ». On est bien d’accord, c’est désagréable d’avoir de l’urine sur le canapé de son salon… Mais au travers de ce comportement « gênant », il est nécessaire de se demander pourquoi le chat fait ça ?! Il ne fait pas exprès pour nous déranger ni ne se venge. Généralement – quand ce comportement n’est pas lié à une pathologie, ni lié à une aversion à la litière – il est l’expression d’un état émotionnel négatif, d’une inquiétude de la part du chat. En éliminant à divers endroits de son lieu de vie, le chat cherche à s’apaiser en déposant ses odeurs qui le rassurent. Le dépôt de messages chimiques est un moyen de communication chez le chat.

Mes consœurs du collectif CATUS et moi-même avons récemment rédigé un article sur ce terme de « malpropreté ». Nous trouvons que cela peut induire une vision négative du comportement du chat, comme quoi il ne serait pas normal voire sale que le chat élimine en dehors de son bac à litière. Nous préférons donc utiliser l’expression « élimination hors bac à litière ».

 

Pour lire notre article, vous pouvez cliquer ici

 

Si votre chat élimine en dehors du bac à litière, consultez un vétérinaire pour vous assurer de son état de santé. Ensuite, contactez-moi pour avoir des conseils et vous aider avec cette problématique.

Le développement comportemental du chaton

Des chatons tètent leur mère. A l'âge de 2 semaines, ils sont totalement dépendants de leur mère pour l'alimentation

En l’espace de quelques semaines, le chaton passe d’une totale dépendance à sa mère à une totale indépendance. Découvrons à travers cet article du collectif CATUS*, les grandes étapes du développement du chaton d’un point de vue comportemental mais aussi locomoteur et sensoriel. La mère a un rôle très important auprès de ses petits: pour les soins, pour l’alimentation mais aussi pour l’éducation. D’ailleurs, la chatte peut influencer les préférences alimentaires de ses chatons.

En dehors d’apporter des connaissances sur le comportement et le développement du chaton, cet article rappelle que l’âge légal d’adoption d’un chaton est de 8 semaines. Comment cet âge a-t-il été décidé? Dans cet article, nous expliquons l’importance de laisser le chaton le plus longtemps possible avec sa mère et sa fratrie, afin de limiter le risque d’apparition de comportements dits « gênants » à l’âge adulte. Aujourd’hui, il est conseillé d’adopter un chaton à l’âge de 12/14 semaines !

A l’état libre, les chatons restent avec leur mère jusqu’à l’âge d’au moins 6 mois. Dès que les mâles atteignent la puberté, ils quittent le groupe familial. Les femelles peuvent rester un peu plus longtemps avec leur mère, voire rester avec elle toute leur vie. Un groupe de chats, ou une colonie, peut être composé de plusieurs femelles apparentées avec leur descendance. Ces groupes partagent un même domaine vital et des ressources communes. Les individus communiquent beaucoup entre eux, se reconnaissant et discriminent les chats qui n’appartiennent pas à leur groupe. Les observations sur les chats nous aident à mieux comprendre le comportement nos chats de compagnie.

 

* Le collectif CATUS est une association créée en 2019 par une équipe de 5 consultantes en comportement du chat, dont je fais partie. Cette association a plusieurs objectifs dont de fédérer les professionnels de la relation Chat-Humain, travaillant autour d’une même éthique, dans le respect du bien-être et des besoins de l’animal et de l’humain. Nous nous attelons aussi à mieux faire connaitre cette profession auprès du public afin d’aider les propriétaires de chat à mieux comprendre leur animal.

Reconnaitre les expressions faciales du chat et son état émotionnel

Un chat roux est attentif. On peut observer ses expressions faciales qui nous indiquent qu'il exprime une émotion positive.

La capacité à reconnaitre ou à « lire » les expressions faciales des animaux est un élément critique de l’évaluation du bien-être. Les expressions (ou mimiques) faciales sont liées à l’état émotionnel. Certaines personnes sont plus capables que d’autres de les reconnaitre facilement chez le chat.

Cette étude est la première à s’intéresser aux émotions négatives telles que la peur et la frustration, ainsi qu’aux émotions positives. Jusqu’à peu, les études étaient plutôt concentrées sur l’expression de la douleur.

Plus de 6300 personnes de 85 pays ont participé à cette étude. Ils devaient regarder un échantillon de 20 courtes vidéos de chats et remplir un questionnaire en ligne. Ces vidéos montraient des chats exprimant des émotions positives ou négatives dans différentes situations (caresse, récompense, bruit fort, etc.). Seules les faces des chats étaient visibles. Les participants devaient dire s’ils trouvaient que les chats exprimaient une émotion positive, négative ou s’ils ne savaient pas.

Le score moyen a été de 11,85 sur 20. Parmi ces résultats, 13 % des personnes ont eu un score de 15/20 ou plus. Une majorité de ces personnes étaient des femmes, plutôt jeunes, et ayant une expérience professionnelle avec les chats (ex : vétérinaire). Généralement, les vidéos montrant des chats exprimant des émotions positives ont été les mieux identifiées. Le fait que certaines personnes aient de bons scores montre qu’elles sont entrainées à observer les chats. Ces résultats suggèrent qu’il est possible d’apprendre et de s’entrainer à reconnaitre les expressions faciales afin d’estimer correctement l’émotion du chat. Cela permettrait de renforcer le lien entre le propriétaire et son chat et d’améliorer le bien-être de l’animal. Les scientifiques de cette étude vont chercher à caractériser de manière formelle les expressions faciales observées chez le chat pour rendre la « lecture » plus facile.

 

==> Résumé de l’article « Cats’ Faces Hard to Read, Except for “Cat Whisperers” »

 

Pour tester vos capacités à reconnaitre les émotions des chats, vous pouvez aller sur ce site, où vous trouverez un échantillon de vidéos sur les 40 utilisées pour réaliser l’étude. Vous remarquerez qu’il n’est pas évident de déterminer l’émotion du chat sans voir son corps en entier, ni le contexte.

 

Étude à l’origine de cet article: Dawson L.C., Cheal J., Niel L. & Mason G., 2019, Humans can identify cats’ affective states from subtle facial expressions, Animal Welfare, vol 28 (4), pp. 519-531. doi:10.7120/09627286.28.4.519

Pour avoir plus d’infos sur le centre de recherche où travaillent les scientifiques qui ont mis en place cette étude : Campbell Centre for the Study of Animal Welfare

Les expressions faciales aident à détecter la douleur chez le chat

Des flèches indiquent les mouvements des expressions faciales du chat pour montrer celles qui sont liées à la douleur

Depuis longtemps, les scientifiques s’intéressent à la façon dont les animaux communiquent grâce à leurs expressions faciales. Ils s’intéressent aussi à mettre en évidence les différences entre les espèces. L’intérêt croissant pour ce sujet nous aide à mieux comprendre les intentions et les émotions des animaux. La plupart des études se concentrent sur les mimiques (ou expressions) faciales exprimées en cas de douleur. Pour mesurer cela, une « échelle de grimace » a été conçue pour montrer les mimiques de l’animal en fonction de l’intensité de la douleur. Des études ont été effectuées sur de nombreuses espèces, mais aussi déjà sur le chat en 2014 par Holden et al.

 

Une des difficultés pour interpréter les résultats, est que nous avons tendance à extrapoler ce que nous connaissons des analyses faites chez les humains. Or les animaux ont des muscles faciaux différents des nôtres et les utilisent différemment. On observe aussi des différences entre les races au sein d’une espèce. Par exemple : Persan et Siamois n’ayant pas la même forme de tête, leurs mimiques faciales varient légèrement. Très récemment, l’équipe de Lauren Finka a développé une approche spécifique au chat en utilisant la morphométrie géométrique avec pour objectif d’automatiser la détection des expressions faciales chez cette espèce. 

En utilisant une technique généralement réservée pour mesurer les os, les chercheurs ont étudié près d’un millier de photos de faces de chats. Ils ont noté la position relative des muscles de la face quand les chats étaient tendus et détendus. Puis ils ont observé les expressions faciales des chats associées à la douleur avant / après une chirurgie de routine.

 

Voici les principales caractéristiques liées à la douleur observées :

– Les oreilles s’abaissent et s’éloignent l’une de l’autre ;

– Les zones de la bouche et des joues paraissent plus petites et rapprochées du nez ;

– Les yeux sont légèrement rétrécis et un peu plus « bridés » ;

– Des petites différences apparaissent dans la forme des oreilles externes avec la droite plus étroite et abaissée vers le coté de la face ;

– Le nez baissé vers la bouche, légèrement incliné du coté gauche de la face.

Des flèches indiquent les mouvements des expressions faciales du chat pour montrer celles qui sont liées à la douleur

La plupart de ces changements sont assez subtils. Il parait donc difficile de bien mesurer l’intensité de la douleur chez un chat, surtout quand on ne connait pas ses expressions habituelles. Par exemple, pour le vétérinaire, si c’est la première fois qu’il voit l’animal. Chaque individu peut avoir des expressions légèrement différentes. Le propriétaire, connaissant bien son chat, peut aider à détecter les changements subtils.

L’objectif de l’équipe de chercheurs est d’automatiser la détection des expressions faciales de la douleur, notamment pour la pratique clinique par les vétérinaires. Cela permettra une meilleure prise en charge de la douleur chez le chat.

 

==> Résumé de l’article « Is your cat in pain? Its facial expression could hold a clue »

 

Étude à l’origine de cet article: Finka L. R., Luna S. P., Brondani J. T. et al., 2019, Geometric morphometrics for the study of facial expressions in non-human animals, using the domestic cat as an exemplar, Sci Rep, 9, 9883. doi:10.1038/s41598-019-46330-5

Pour avoir plus d’infos sur CatFACS.

Caractéristiques physiques et races

Chat Ragdoll couché sur un lit

Certaines caractéristiques morphologiques du chat influencent les critères de choix des races de chat.

Lors de cette étude, les chercheurs ont demandé à des personnes de répondre à deux questionnaires en ligne dans lesquels il fallait classer et noter 15 photos de chats selon leurs préférences. Les principaux résultats montrent que les personnes ont tendance à sélectionner en dernier les photos de chats ayant un crâne avec une forme extrême (museau très court ou très long), sauf si ces personnes ont un chat de race pure de type brachycéphale (crâne et museau court) ou dolichocéphale (crâne et museau long). Elles choisiront alors de préférence les photos de chats ressemblant au leur.

Les préférences générales vont vers des photos de chats roux aux yeux verts avec des poils longs et une forme de crâne « moyenne ».

 

==> Résumé de l’article de M. J. Farnworth, R. M. A. Packer, L. Sordo, R. Chen, S. M. A. Caney, D. A. Gunn-Moore, 2018, “In the Eye of the Beholder: Owner Preferences for Variations in Cats’ Appearances with Specific Focus on Skull Morphology”, Animals, 8(2), 30.
https://www.mdpi.com/2076-2615/8/2/30/htm

 

!!! Certaines particularités morphologiques extrêmes sont à l’origine de problèmes médicaux, de douleur ou d’inconfort et affectent le bien-être de l’animal : gêne respiratoire, infection cutanée, infection oculaire, difficulté de locomotion, difficulté de communication avec les congénères, etc.

 

Mésocéphale : Dont le crâne, de largeur moyenne par rapport à sa longueur, se classe, selon l’indice céphalique, entre les formes brachycéphales et dolichocéphales.

Conséquences du sevrage précoce chez le chaton

Chat qui mord une personne

Le sevrage précoce augmente la probabilité d’exprimer des comportements agressifs chez les chats. Les résultats de cette étude ont montré que l’âge recommandé pour le sevrage des chatons était de 14 semaines. Retarder le sevrage et donc la séparation avec la mère permet d’augmenter la qualité de vie des chats, et des humains…

Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés aux comportements de chats sevrés avant l’âge de 12 semaines. Un questionnaire a été envoyé à des propriétaires de chats, ce qui a permis de récolter des informations sur 5726 chats de 40 races différentes. Un des résultats important était que la probabilité d’exprimer des comportements agressifs notamment envers les personnes inconnues augmente significativement chez les chats sevrés avant l’âge de 8 semaines.

Les chats sevrés après 14 semaines ont un risque nettement moins important de présenter des comportements agressifs que les autres.

 

==> Résumé de l’article de M. K. Ahola, K. Vapalahti & H. Lohi, 2017, Early weaning increases aggression and stereotypic behaviour in cats, Scientific Reports.

 

⇒ En France, l’âge légal pour adopter un chaton est 8 semaines. A cet âge-là, si son développement s’est déroulé dans de bonnes conditions, le chaton sait faire sa toilette seul, il sait s’alimenter, il sait éliminer dans un bac à litière. Mais il a toujours besoin de sa mère et de sa fratrie pour le contact affectif, et il lui reste de nombreux apprentissages à faire et à parfaire : communication et codes sociaux, gestion des émotions, rétractation des griffes et inhibition de la morsure.

Un chaton qui reste avec sa mère et sa fratrie jusqu’à l’âge d’au moins 12 semaines aura plus de chance d’avoir une bonne capacité d’adaptation, une bonne gestion émotionnelle et d’être bien socialisé.

Le chat est-il une espèce territoriale?

Un chat tigré marque le bois de ses griffes et dépose des odeurs. ça n'est pas du marquage territorial. Le chat n'est pas une espèce territoriale.

Qu’est ce qu’un territoire ? et un domaine vital ? Le chat est-il décrit comme une espèce territoriale ?

Les études comportementales sur les chats libres, vivant dans des environnements variés, permettent de montrer la capacité d’adaptation du chat domestique. Qu’il vive seul ou avec des congénères, son comportement peut évoluer. Il est capable de s’adapter à des milieux de vie très différents, en petits groupes ou en grands groupes. Ainsi, les études sur les chats libres nous aident à mieux comprendre les comportements de nos chats de compagnie. La vie en solitaire ou en groupe demande de savoir communiquer avec ses congénères. Par différents signaux, le chat communique sa volonté de rencontrer ou d’éviter d’autres individus.

Dans cet article, je décris le comportement exploratoire du chat, ses comportements de communication (jet urinaire, griffades, frottements), ainsi que des explications sur les notions de territoire et domaine vital.

Alors, le chat… espèce territoriale ?

 

==> Article publié sur le blog de Vox Animae.

 

Ce sujet est lié à celui de l’article précédent, le chat est-il décrit comme une espèce solitaire ou sociale ?

 

Le chat est-il une espèce vraiment solitaire?

Huit chats sont assis et couchés les uns à côté des autres au refuge AVA. Ce rapprochement est intéressant pour une espèce solitaire.

Qu’est ce qu’une espèce solitaire ? Qu’est ce qu’une espèce sociale ? Comment décrit-on le chat domestique ?

A l’état libre, on observe le chat domestique dans des milieux très différents les uns des autres. Il peut avoir un mode de vie solitaire, vivre en petits groupes, ou en colonie de plusieurs centaines d’individus! D’ailleurs en captivité, il peut être le seul animal du foyer, vivre avec d’autres chats, ou vivre avec d’autres espèces.

Alors, le chat… espèce solitaire ou espèce sociale ?

 

==> Article publié sur le blog de Vox Animae

 

Ce sujet est lié à celui de l’article suivant, le chat est-il considéré comme une espèce territoriale?

Comprenez-vous les miaulements de votre chat?

Un chat miaule les yeux fermés. ESt ce qu'il se fait comprendre par un humain?

Le chat effectue de nombreuses vocalises pour communiquer avec les autres chats et avec les humains. Son répertoire vocal est assez varié. Il peut exprimer sa présence, son contentement, son mal-être ou sa disponibilité en saison de reproduction. Les miaulements sont décrits comme étant des vocalises spécifiques à la communication entre le chat et l’humain.

D’ailleurs les chats apprennent à moduler leurs miaulements pour mieux se faire comprendre!

 

Pour lire l’article => Animaux-Online


Interactions entre les chats et les humains

Une personne tient un chat qui cherche à s'échapper. Les interactions entre chat et humains ne sotn pas toujours positives.

L’objectif de cette étude était de décrire le comportement d’humains et de chats lors de leur première rencontre dans une salle expérimentale aménagée comme un salon. Les paramètres suivants ont été mesurés : tempérament et sexe du chat, type d’activité de la personne, âge (adulte/ enfant (6 à 10 ans)) et sexe (homme/femme). Les rencontres ont eu lieu lors de deux tests :

  • Test A : le comportement du chat était enregistré pendant 5 minutes : phase 1, la personne ne pouvait pas interagir avec le chat et lisait un livre ; phase 2, la personne était libre d’interagir avec le chat.
  • Test B : le comportement de la personne était enregistré pendant 5 minutes, elle était libre d’interagir avec le chat. Les chercheurs ont considéré que les comportements des humains étaient identiques entre le test A2 et le test B.

Les auteurs ont mis en évidence que le premier contact avec le chat était plus rapide quand la personne était libre d’interagir plutôt que lorsqu’elle lisait un livre. Elle motivait le chat à venir à elle.
Les autres résultats sont les suivants :

  1. Test A, phase 1 : sans différences significatives d’âge ou de sexe, les chats mettaient en moyenne 80 secondes pour approcher la personne à moins de 2 m, environ 2min 30 à effectuer un comportement amical (approche, flairage, frottement) et près de 5 minutes pour un vrai contact corporel, sachant que la personne n’interagissait pas du tout avec l’animal. Les latences d’approches étaient très variables d’un chat à un autre selon leur tempérament.
  2. Test A, phase 2 : les chats avaient tendance à approcher plus fréquemment les adultes que les enfants, les femmes plus que les hommes et les petites filles plus que les petits garçons. Sachant que lors de cette phase, la personne interagissait librement avec le chat.
  3. Test B : les personnes mettaient en moyenne 14 secondes à établir un premier comportement amical envers le chat, 64 secondes pour une première parole, 74 secondes à établir un premier contact corporel. La première approche spontanée des humains arrivait en moyenne au bout de 2 minutes, après que le contact corporel soit déjà établi (c’est-à-dire que le chat s’était déjà approché de lui-même). Les adultes parlaient plus rapidement que les enfants et approchaient plus tardivement les chats. Les adultes utilisaient toujours la même méthode pour approcher un chat inconnu alors que les enfants variaient de méthodes. La stratégie de parler au chat avant de l’approcher parait être la plus efficace pour le faire venir.
    Des différences dans le comportement des humains selon leur âge ont été notées : les enfants avaient tendance à plus approcher un chat qui se reposait que les adultes ou à le suivre lorsque le chat les évitait, avec une distinction notable, les garçons suivaient plus souvent les chats que les filles. Les enfants étaient plus actifs pour réduire la distance entre eux et le chat que les adultes.
    Les enfants se tenaient plus debout que les adultes qui s’asseyaient plus, les hommes avaient tendance à plus s’assoir que les femmes qui s’accroupissaient plus. Les femmes adultes parlaient plus au chat que les hommes ou les enfants, en faisant des phrases complètes. Les différences d’attitudes entre les hommes et les femmes et les réactions des chats sont certainement dues à leurs différences physiques mais aussi aux apprentissages qu’ils ont pu faire dans le passé. Ce paramètre n’a pas été mesuré.

Ces résultats sont importants car les tous premiers moments d’une rencontre entre individus étrangers risquent d’influencer l’issue de l’interaction et la relation qui en découle.
L’initiation d’un contact entre deux individus est un processus mutuel qui peut être retardé si l’un des deux partenaires ne parait pas intéressé. Lors de cette étude, les humains sont les initiateurs de contact avec le chat, ils vont parler et/ou approcher le chat, qui va approcher ou éviter l’humain selon son tempérament et son expérience passée.
Les stratégies utilisées par les enfants et par les adultes pour approcher les chats varient mais au vu des réactions des chats, elles sont similaires puisqu’elles aboutissent à autant de jeu et de caresses avec le chat.

 

==> Résumé de l’article de C. Mertens & D.C. Turner, 1988, Experimental analysis of human-cat interactions during first encounters, Anthrozoös vol. 2, p. 83-97.

 

Ma conclusion:
Ces résultats ne sont pas généralisables, il s’agit d’une étude avec un échantillon de 19 chats dans un contexte précis. Mais ils donnent une idée des réactions comportementales que peuvent avoir les humains et les chats lorsqu’ils interagissent.
Il n’en reste pas moins qu’il est important d’éduquer les enfants à approcher et à interagir avec les chats, notamment les plus jeunes qui peuvent avoir des gestes, des mouvements ou des paroles effrayantes pour un chat qui n’est pas bien familiarisé aux petits enfants.