Reconnaitre les expressions faciales du chat et son état émotionnel

Un chat roux est attentif. On peut observer ses expressions faciales qui nous indiquent qu'il exprime une émotion positive.

La capacité à reconnaitre ou à « lire » les expressions faciales des animaux est un élément critique de l’évaluation du bien-être. Les expressions (ou mimiques) faciales sont liées à l’état émotionnel. Certaines personnes sont plus capables que d’autres de les reconnaitre facilement chez le chat.

Cette étude est la première à s’intéresser aux émotions négatives telles que la peur et la frustration, ainsi qu’aux émotions positives. Jusqu’à peu, les études étaient plutôt concentrées sur l’expression de la douleur.

Plus de 6300 personnes de 85 pays ont participé à cette étude. Ils devaient regarder un échantillon de 20 courtes vidéos de chats et remplir un questionnaire en ligne. Ces vidéos montraient des chats exprimant des émotions positives ou négatives dans différentes situations (caresse, récompense, bruit fort, etc.). Seules les faces des chats étaient visibles. Les participants devaient dire s’ils trouvaient que les chats exprimaient une émotion positive, négative ou s’ils ne savaient pas.

Le score moyen a été de 11,85 sur 20. Parmi ces résultats, 13 % des personnes ont eu un score de 15/20 ou plus. Une majorité de ces personnes étaient des femmes, plutôt jeunes, et ayant une expérience professionnelle avec les chats (ex : vétérinaire). Généralement, les vidéos montrant des chats exprimant des émotions positives ont été les mieux identifiées. Le fait que certaines personnes aient de bons scores montre qu’elles sont entrainées à observer les chats. Ces résultats suggèrent qu’il est possible d’apprendre et de s’entrainer à reconnaitre les expressions faciales afin d’estimer correctement l’émotion du chat. Cela permettrait de renforcer le lien entre le propriétaire et son chat et d’améliorer le bien-être de l’animal. Les scientifiques de cette étude vont chercher à caractériser de manière formelle les expressions faciales observées chez le chat pour rendre la « lecture » plus facile.

 

==> Résumé de l’article « Cats’ Faces Hard to Read, Except for “Cat Whisperers” »

 

Pour tester vos capacités à reconnaitre les émotions des chats, vous pouvez aller sur ce site, où vous trouverez un échantillon de vidéos sur les 40 utilisées pour réaliser l’étude. Vous remarquerez qu’il n’est pas évident de déterminer l’émotion du chat sans voir son corps en entier, ni le contexte.

 

Étude à l’origine de cet article: Dawson L.C., Cheal J., Niel L. & Mason G., 2019, Humans can identify cats’ affective states from subtle facial expressions, Animal Welfare, vol 28 (4), pp. 519-531. doi:10.7120/09627286.28.4.519

Pour avoir plus d’infos sur le centre de recherche où travaillent les scientifiques qui ont mis en place cette étude : Campbell Centre for the Study of Animal Welfare

Les expressions faciales aident à détecter la douleur chez le chat

Des flèches indiquent les mouvements des expressions faciales du chat pour montrer celles qui sont liées à la douleur

Depuis longtemps, les scientifiques s’intéressent à la façon dont les animaux communiquent grâce à leurs expressions faciales. Ils s’intéressent aussi à mettre en évidence les différences entre les espèces. L’intérêt croissant pour ce sujet nous aide à mieux comprendre les intentions et les émotions des animaux. La plupart des études se concentrent sur les mimiques (ou expressions) faciales exprimées en cas de douleur. Pour mesurer cela, une « échelle de grimace » a été conçue pour montrer les mimiques de l’animal en fonction de l’intensité de la douleur. Des études ont été effectuées sur de nombreuses espèces, mais aussi déjà sur le chat en 2014 par Holden et al.

 

Une des difficultés pour interpréter les résultats, est que nous avons tendance à extrapoler ce que nous connaissons des analyses faites chez les humains. Or les animaux ont des muscles faciaux différents des nôtres et les utilisent différemment. On observe aussi des différences entre les races au sein d’une espèce. Par exemple : Persan et Siamois n’ayant pas la même forme de tête, leurs mimiques faciales varient légèrement. Très récemment, l’équipe de Lauren Finka a développé une approche spécifique au chat en utilisant la morphométrie géométrique avec pour objectif d’automatiser la détection des expressions faciales chez cette espèce. 

En utilisant une technique généralement réservée pour mesurer les os, les chercheurs ont étudié près d’un millier de photos de faces de chats. Ils ont noté la position relative des muscles de la face quand les chats étaient tendus et détendus. Puis ils ont observé les expressions faciales des chats associées à la douleur avant / après une chirurgie de routine.

 

Voici les principales caractéristiques liées à la douleur observées :

– Les oreilles s’abaissent et s’éloignent l’une de l’autre ;

– Les zones de la bouche et des joues paraissent plus petites et rapprochées du nez ;

– Les yeux sont légèrement rétrécis et un peu plus « bridés » ;

– Des petites différences apparaissent dans la forme des oreilles externes avec la droite plus étroite et abaissée vers le coté de la face ;

– Le nez baissé vers la bouche, légèrement incliné du coté gauche de la face.

Des flèches indiquent les mouvements des expressions faciales du chat pour montrer celles qui sont liées à la douleur

La plupart de ces changements sont assez subtils. Il parait donc difficile de bien mesurer l’intensité de la douleur chez un chat, surtout quand on ne connait pas ses expressions habituelles. Par exemple, pour le vétérinaire, si c’est la première fois qu’il voit l’animal. Chaque individu peut avoir des expressions légèrement différentes. Le propriétaire, connaissant bien son chat, peut aider à détecter les changements subtils.

L’objectif de l’équipe de chercheurs est d’automatiser la détection des expressions faciales de la douleur, notamment pour la pratique clinique par les vétérinaires. Cela permettra une meilleure prise en charge de la douleur chez le chat.

 

==> Résumé de l’article « Is your cat in pain? Its facial expression could hold a clue »

 

Étude à l’origine de cet article: Finka L. R., Luna S. P., Brondani J. T. et al., 2019, Geometric morphometrics for the study of facial expressions in non-human animals, using the domestic cat as an exemplar, Sci Rep, 9, 9883. doi:10.1038/s41598-019-46330-5

Pour avoir plus d’infos sur CatFACS.

Le chat est-il une espèce territoriale?

Un chat tigré marque le bois de ses griffes et dépose des odeurs. ça n'est pas du marquage territorial. Le chat n'est pas une espèce territoriale.

Qu’est ce qu’un territoire ? et un domaine vital ? Le chat est-il décrit comme une espèce territoriale ?

Les études comportementales sur les chats libres, vivant dans des environnements variés, permettent de montrer la capacité d’adaptation du chat domestique. Qu’il vive seul ou avec des congénères, son comportement peut évoluer. Il est capable de s’adapter à des milieux de vie très différents, en petits groupes ou en grands groupes. Ainsi, les études sur les chats libres nous aident à mieux comprendre les comportements de nos chats de compagnie. La vie en solitaire ou en groupe demande de savoir communiquer avec ses congénères. Par différents signaux, le chat communique sa volonté de rencontrer ou d’éviter d’autres individus.

Dans cet article, je décris le comportement exploratoire du chat, ses comportements de communication (jet urinaire, griffades, frottements), ainsi que des explications sur les notions de territoire et domaine vital.

Alors, le chat… espèce territoriale ?

 

==> Article publié sur le blog de Vox Animae.

 

Ce sujet est lié à celui de l’article précédent, le chat est-il décrit comme une espèce solitaire ou sociale ?

 

Comprenez-vous les miaulements de votre chat?

Un chat miaule les yeux fermés. ESt ce qu'il se fait comprendre par un humain?

Le chat effectue de nombreuses vocalises pour communiquer avec les autres chats et avec les humains. Son répertoire vocal est assez varié. Il peut exprimer sa présence, son contentement, son mal-être ou sa disponibilité en saison de reproduction. Les miaulements sont décrits comme étant des vocalises spécifiques à la communication entre le chat et l’humain.

D’ailleurs les chats apprennent à moduler leurs miaulements pour mieux se faire comprendre!

 

Pour lire l’article => Animaux-Online


Interactions entre les chats et les humains

Une personne tient un chat qui cherche à s'échapper. Les interactions entre chat et humains ne sotn pas toujours positives.

L’objectif de cette étude était de décrire le comportement d’humains et de chats lors de leur première rencontre dans une salle expérimentale aménagée comme un salon. Les paramètres suivants ont été mesurés : tempérament et sexe du chat, type d’activité de la personne, âge (adulte/ enfant (6 à 10 ans)) et sexe (homme/femme). Les rencontres ont eu lieu lors de deux tests :

  • Test A : le comportement du chat était enregistré pendant 5 minutes : phase 1, la personne ne pouvait pas interagir avec le chat et lisait un livre ; phase 2, la personne était libre d’interagir avec le chat.
  • Test B : le comportement de la personne était enregistré pendant 5 minutes, elle était libre d’interagir avec le chat. Les chercheurs ont considéré que les comportements des humains étaient identiques entre le test A2 et le test B.

Les auteurs ont mis en évidence que le premier contact avec le chat était plus rapide quand la personne était libre d’interagir plutôt que lorsqu’elle lisait un livre. Elle motivait le chat à venir à elle.
Les autres résultats sont les suivants :

  1. Test A, phase 1 : sans différences significatives d’âge ou de sexe, les chats mettaient en moyenne 80 secondes pour approcher la personne à moins de 2 m, environ 2min 30 à effectuer un comportement amical (approche, flairage, frottement) et près de 5 minutes pour un vrai contact corporel, sachant que la personne n’interagissait pas du tout avec l’animal. Les latences d’approches étaient très variables d’un chat à un autre selon leur tempérament.
  2. Test A, phase 2 : les chats avaient tendance à approcher plus fréquemment les adultes que les enfants, les femmes plus que les hommes et les petites filles plus que les petits garçons. Sachant que lors de cette phase, la personne interagissait librement avec le chat.
  3. Test B : les personnes mettaient en moyenne 14 secondes à établir un premier comportement amical envers le chat, 64 secondes pour une première parole, 74 secondes à établir un premier contact corporel. La première approche spontanée des humains arrivait en moyenne au bout de 2 minutes, après que le contact corporel soit déjà établi (c’est-à-dire que le chat s’était déjà approché de lui-même). Les adultes parlaient plus rapidement que les enfants et approchaient plus tardivement les chats. Les adultes utilisaient toujours la même méthode pour approcher un chat inconnu alors que les enfants variaient de méthodes. La stratégie de parler au chat avant de l’approcher parait être la plus efficace pour le faire venir.
    Des différences dans le comportement des humains selon leur âge ont été notées : les enfants avaient tendance à plus approcher un chat qui se reposait que les adultes ou à le suivre lorsque le chat les évitait, avec une distinction notable, les garçons suivaient plus souvent les chats que les filles. Les enfants étaient plus actifs pour réduire la distance entre eux et le chat que les adultes.
    Les enfants se tenaient plus debout que les adultes qui s’asseyaient plus, les hommes avaient tendance à plus s’assoir que les femmes qui s’accroupissaient plus. Les femmes adultes parlaient plus au chat que les hommes ou les enfants, en faisant des phrases complètes. Les différences d’attitudes entre les hommes et les femmes et les réactions des chats sont certainement dues à leurs différences physiques mais aussi aux apprentissages qu’ils ont pu faire dans le passé. Ce paramètre n’a pas été mesuré.

Ces résultats sont importants car les tous premiers moments d’une rencontre entre individus étrangers risquent d’influencer l’issue de l’interaction et la relation qui en découle.
L’initiation d’un contact entre deux individus est un processus mutuel qui peut être retardé si l’un des deux partenaires ne parait pas intéressé. Lors de cette étude, les humains sont les initiateurs de contact avec le chat, ils vont parler et/ou approcher le chat, qui va approcher ou éviter l’humain selon son tempérament et son expérience passée.
Les stratégies utilisées par les enfants et par les adultes pour approcher les chats varient mais au vu des réactions des chats, elles sont similaires puisqu’elles aboutissent à autant de jeu et de caresses avec le chat.

 

==> Résumé de l’article de C. Mertens & D.C. Turner, 1988, Experimental analysis of human-cat interactions during first encounters, Anthrozoös vol. 2, p. 83-97.

 

Ma conclusion:
Ces résultats ne sont pas généralisables, il s’agit d’une étude avec un échantillon de 19 chats dans un contexte précis. Mais ils donnent une idée des réactions comportementales que peuvent avoir les humains et les chats lorsqu’ils interagissent.
Il n’en reste pas moins qu’il est important d’éduquer les enfants à approcher et à interagir avec les chats, notamment les plus jeunes qui peuvent avoir des gestes, des mouvements ou des paroles effrayantes pour un chat qui n’est pas bien familiarisé aux petits enfants.

Reconnaissance vocale et interaction humain-chat

Un chat est attentif à un son qu'il vient d'entendre. Est ce qu'il reconnait la voix de son propriétaire?

Les chats reconnaissent la voix de leur propriétaire qui les appelle parmi d’autres voix. Les chercheurs ont diffusé des enregistrements audios de 3 voix d’inconnus + celle de leur propriétaire à 20 chats domestiques. Lorsqu’ils entendaient la voix de leur humain familier, les chats avaient des réactions comportementales plus intenses (mouvements des oreilles et de la tête) qu’ils n’avaient pas avec les voix étrangères. Malgré cela, les chats ne répondaient pas activement à leur propriétaire avec des comportements de communication tels que des vocalisations ou des mouvements de la queue.
Les chats sont donc capables d’utiliser des indices vocaux pour différencier des humains (familier vs inconnu). Mais ils ne répondent pas forcément aux sollicitations avec des comportements de communication spécifique.

 

==> Résumé de l’article de A. Saito & K. Shinozuka, 2013, Vocal recognition of owners by cats (Felis catus), Animal Cognition.